Nicolas Duval Adassovsky, Président de La Base Studios

Le 31 mai dernier, une nouvelle étape a été franchie pour le grand projet cinéma de La Base 217. En tant que producteur français et président de La Base Studios, vous étiez l’un des signataires du protocole et des promesses de vente. En quoi cette signature était-elle décisive ?

Nicolas Duval Adassovsky : Je représentais en effet le groupe Quad qui est l’actionnaire de La Base Studios, la société chargée d’exploiter les futurs studios. Il s’agissait d’acter le projet global et de se porter acquéreur d’une partie des terrains. Il a fallu trois ans pour mûrir et dimensionner le projet, apprendre à se connaître. Un tel projet n’était pas dans les plans de la société Quad mais j’ai senti dès le début un vrai désir de développer cette activité sur le territoire de Cœur d’Essonne. J’ai eu envie d’aider les élus et de saisir une opportunité pour l’ensemble de la profession du cinéma.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les producteurs de cinéma aujourd’hui et en quoi La Base 217 répond-elle particulièrement à leurs besoins ?

Nicolas Duval Adassovsky : A Paris intra-muros, les tournages deviennent difficiles à organiser et chers à réaliser : demandes d’autorisations, stationnement, etc. Dix camions sont parfois nécessaires pour les besoins d’un tournage. Sans compter les nuisances pour les riverains. L’idée, c’est d’offrir aux tournages un lieu alternatif, sans souci de bruit, de durée ou de stationnement, le tout pour un coût réduit. Au total, ce sont 30 hectares qui seront investis pour le cinéma, à 25 kilomètres de Paris, avec la possibilité, unique en région parisienne, de construire des décors en extérieur. à l’image de tous les grands pays du cinéma européen qui ont leurs studios  : Cinecittà en Italie, Pinewood en Angleterre, Barrandov en Tchéquie.

Quelles sont les prochaines étapes de construction de La Base Studios ?

Nicolas Duval Adassovsky : Nous lançons une première tranche de réhabilitation. Quatre hangars, qui servaient pour les avions, seront transformés en plateaux de cinéma et en ateliers. Un immeuble de 2000 m2 peut tout à fait être aménagé en bureaux, en loges et en surfaces utiles pour accompagner la production. L’existant est repris au maximum. Par ailleurs, nous allons créer un très grand plateau de 2500 m2, aux normes les plus évoluées. Des décors en extérieur seront construits et certains seront conservés d’une production à l’autre. C’est le cas de la réplique d’un quartier de Paris.

Quelle pourrait être la marque de fabrique de cette nouvelle cité du cinéma ? Comment l’imaginez-vous dans les prochaines années ?

Nicolas Duval Adassovsky : Nous misons sur ce qui n’existe pas ailleurs : des espaces de décors extérieurs, un vrai plateau. La piste d’envol est un élément important et n’a pas d’équivalent. Elle peut servir aux cascades, à des plans de comédie en roulant. C’est très pratique d’avoir deux kilomètres de piste sans obstacle, de pouvoir faire rouler une voiture de travelling. Le Village des Fournisseurs pourra accueillir les industries et fournisseurs du cinéma : loueurs de caméra, matériel électrique, machinerie. Nous voulons réduire au maximum les déplacements, rassembler tous les métiers du cinéma autour de La Base et atteindre l’autonomie énergétique. En un mot, créer des studios les plus vertueux possibles et à terme le « hub » du cinéma francilien.

Quelles seront les retombées pour le territoire de Cœur d’Essonne Agglomération ? Comment jouer la carte de la proximité ?

Nicolas Duval Adassovsky : En attendant la livraison du grand plateau fin 2025, les studios fonctionnent déjà. D’importants tournages* ont déjà été réalisés. La création d’une école autour des métiers du décor devrait susciter, je l’espère, intérêts et vocations. Tous les corps de métiers sont concernés : menuisier, tapissier, serrurier, etc. Un tournage classique, c’est entre 100 et 200 personnes par jour. Et les plateaux devront être occupés 200 jours par an. Les retombées seront nombreuses, pour le territoire et pour le cinéma. Nous sommes très heureux de ce projet.

* L’Empereur de Paris de Jean-François Richet (2017), Eiffel de Martin Bourboulon (2021),
Asterix et Obélix : l’Empire du Milieu de Guillaume Canet (2022).

Nom : Nicolas Duval Adassovsky alias Nicolas Duval
Métier : producteur français de cinéma
Activités : fondateur (1993) et directeur du groupe audiovisuel indépendant Quad Productions
Genre de prédilection : sujets de société divertissants et fédérateurs
Césars du meilleur film : L’Arnacœur (2011), Intouchables (2012), Le Sens de la fête (2018)
Séries à succès (télévisées & Netflix) :
Le Bazar de la Charité (2019), Les Combattantes (2022), Au cœur du peloton (2023), Terminal (2024), La Fièvre (2024)

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