En février dernier, une charte, intitulée « Agir pour la Nature avec mes habitantes et mes habitants », a été signée entre Cœur d’Essonne Agglomération et la Fondation pour la Nature et l’Homme. Gildas Bonnel, président de la Fondation, nous explique les grandes lignes de ce partenariat mené en faveur de la biodiversité.
Quels sont les atouts qui ont amené la Fondation pour la Nature et l’Homme à choisir Cœur d’Essonne parmi les dix collectivités pilotes engagées dans la charte ?
Nous souhaitions nous associer à des collectivités ayant déjà une certaine expérience de la mobilisation citoyenne pour la nature et motivées pour la partager avec d’autres collectivités. Nous avions déjà eu l’occasion de mesurer l’engagement de Cœur d’Essonne Agglomération lorsque nous avons lancé notre dispositif #JagisJePlante et soutenu la plantation d’une mini-forêt
à Villiers-sur-Orge. Il était pour nous tout naturel que cette agglomération fasse partie des premières collectivités pilotes.
En quoi consiste la charte « Agir pour la Nature avec mes habitantes et mes habitants » inscrite dans le programme européen Life Biodiv’* ?
Ce projet est né d’une conviction : les collectivités peuvent être un formidable catalyseur de l’action citoyenne pour la nature. On voit d’ailleurs émerger de plus en plus d’initiatives locales, mais l’urgence dicte d’aller beaucoup plus vite. En nous associant à une dizaine de collectivités pilotes, différentes en tailles, échelons, caractéristiques territoriales et situations géographiques, nous souhaitons identifier les freins à l’action, mais aussi tirer des enseignements des expériences réussies pour démultiplier les actions partout en France, tout en augmentant la participation citoyenne.
Engagée dans une transition écologique, Cœur d’Essonne ambitionne, par exemple, de planter 100 000 arbres d’ici 2030. Comment la Fondation peut-elle accompagner, outiller et accélérer ce type d’initiative ?
L’enjeu pour Cœur d’Essonne, comme pour tant d’autres collectivités, c’est de réussir à mobiliser des publics au-delà des convaincus et de maintenir l’envie d’agir chez les citoyens. C’est le principal défi auquel nous allons tenter de répondre ensemble. Comment faire prendre conscience du défi humain que représente la préservation de la nature ? Comment dépasser les freins à l’action grâce à de puissants ressorts de motivations ? Comment remplacer des habitudes profondément ancrées par des comportements responsables ? Comment rendre acceptables les réglementations écologiques ? Répondre à toutes ces questions demande du temps, de la pédagogie et de l’expérimentation. Notre ambition est de mettre en commun réflexions, savoir-faire et enseignements, et de créer une boîte à outils, opérationnelle, pour que chaque acteur puisse, au gré de ses contraintes ou opportunités, mettre en place l’action pour la nature la plus efficace sur son territoire.
Pensez-vous que l’action citoyenne représente un antidote et une réponse efficaces à l’urgence écologique ?
Je pense que l’urgence et l’ampleur de la tâche nécessitent une action à toutes les échelles, partout où cela est possible. Sans l’engagement concret de milliers de bonnes volontés, impossible de restaurer les berges des rivières, de replanter les millions d’arbres et arbustes ou encore de protéger les zones humides en danger. Sans compter que ces actions génèrent de nombreux co-bénéfices sur la santé, le bien-être humain, la réduction des inégalités et, bien sûr, la cohésion sociale.
Pour y parvenir, encore faut-il en être conscient ! C’est pourquoi la sensibilisation est une priorité, de même que la restauration du lien, si précieux, qui nous unit à la nature.
*Le Projet Life Biodiv’France est cofinancé par l’Union européenne et piloté par l’Office français pour la biodiversité. Il vise à renforcer l’engagement de tous les acteurs (citoyens, associations, territoires, entreprises) au service de la biodiversité.