Hommage à Samuel Paty

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Mercredi 21 octobre, Eric Braive, Président de Cœur d’Essonne Agglomération, a convié élus et agents à rendre hommage à Samuel Paty.

Créé le vendredi 23 octobre 2020.

Mercredi 21 octobre, comme la Nation toute entière, les élus et les agents de Cœur d’Essonne Agglomération se sont réunis pour honorer la mémoire de Samuel Paty et condamner cet acte de barbarie.

Cet homme, dévoué et passionné par son travail, n'a jamais manqué de courage pour transmettre à ses élèves son savoir et les valeurs de la République. Il est devenu un symbole du combat qui est livré contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux. L'Agglo apporte tout son soutien à sa famille et à la communauté enseignante.

Retrouvez l'intégralité du discours :

Mesdames et Messieurs les représentants de l’État,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les agents de l’Agglomération,

Mesdames et Messieurs,

Nous voilà une fois encore réunis après l’horreur. Une fois de plus et comme toujours, une fois de trop. Ce matin, nous, élus de la République, nous, agents du service public, nous citoyens, nous enseignants, nous Français, nous sommes réunis pour condamner la barbarie et honorer la mémoire d’un des nôtres tombé au combat contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux.

Oui, en ce jour, nous pensons à Monsieur Samuel Paty, assassiné à cause de son métier et de sa fonction : enseignant, professeur d’histoire et de géographie, d’enseignement moral et civique, fonctionnaire représentant de l’État, de notre République et donc de nos valeurs fondamentales. Nous pensons à ses proches, à sa famille dont nous ne pouvons qu’effleurer la tristesse et le désarroi. C’était il y a quelques jours encore, pour nous, un agent anonyme de l’État. Nous savons aujourd’hui que c’était un homme dévoué pour son travail, pour ses élèves, qui ne manquait pas de courage pour leur transmettre son savoir et les valeurs de la République. Il est devenu un symbole du combat que nous livrons tous contre les forces barbares et contre l'obscurantisme.

Nous pensons aux élèves qui ont perdu un de leur professeur et à leurs parents. L’immense majorité d’entre eux, dans ce collège comme partout ailleurs, sont choqués et meurtris. Nous savons aussi qu’une infime minorité ne partage pas notre indignation. C’est une réalité dure à affronter. Il ne faut pas l’exagérer mais il ne faut plus la cacher. Il ne faut pas excuser ces comportements, bien au contraire, nous devons être intraitables. Les premiers éléments dont nous disposons sur le contexte qui entoure cet assassinat sont très préoccupants. Il nous faut regarder ces phénomènes en face, les analyser, les comprendre pour y mettre un terme et au-delà, les combattre. Ils démontrent dramatiquement tout le poids et l’importance de notre école qui œuvre pour que tous nos enfants deviennent des citoyens instruits et donc éclairés, capables de comprendre le monde qui les entoure, de se forger leurs propres opinions et surtout de faire, ensemble, société dans les valeurs de la République. C’était la mission de Monsieur Samuel Paty comme celle de tous les enseignants.

Nous pensons aussi à tous nos collègues enseignants. Et permettez-moi ici de m’exprimer aussi comme l’instituteur que je suis. J'ai été pendant une grande partie de ma vie au contact de jeunes. Parfois avec des situations difficiles, mais aussi parfois, et notamment pendant les attentats de Charlie Hebdo, avec des confrontations dures. Cela reste toujours pour moi, le plus beau métier du monde. Mais il est de plus en plus difficile de l’exercer sereinement car la considération du statut particulier et du rôle central des enseignants n’est plus à la hauteur des missions de l’école. Au fond, je crois que ce dont les enseignants ont le plus besoin, ce qu’ils ont toujours demandé, c’est d’être reconnus et soutenus. Soutenus par les parents, pour accompagner leurs actions éducatives à la maison et non pas dans la critique de leurs choix pédagogiques. Soutenus par leur hiérarchie, dans l’exercice de leurs missions.

Et surtout ils ont besoin que notre société recommence à leur faire confiance collectivement. L’école laïque et publique c’est la République, c’est pour cela qu’elle est attaquée et donc c’est pour cela que nous devons la défendre. Il y aura des réponses pénales à ce meurtre et pour tous ceux qui en ont été complices, du moins, je l'espère. Il y aura sûrement des réponses législatives, juridiques à cet acte abject et au contexte qui y a conduit. Ce n’est pas le moment d’en débattre et j’espère que chacun saura garder son sang-froid quand il aura lieu. Soyons fermes mais restons lucides.

Nous, élus locaux, dans nos villes, avons notre rôle à jouer. Car ici-même, dans nos écoles et cantines, dans nos quartiers, dans nos villes, ces forces obscurantistes sont aussi à l’œuvre. Notre devoir est d’affirmer les valeurs de la République dans toutes nos politiques publiques et de ne pas reculer. C’est aussi de soutenir, nos agents, confrontés, en première ligne, à des situations parfois difficiles. Et à nous tous, citoyens, notre devoir est de ne pas réagir avec instinct mais avec raison. Notre devoir c’est aussi de ne pas nous replier sur nous-mêmes, de faire bloc ensemble, de ne céder ni à la peur, ni à la colère. De rester ce qui fait notre force et qui dérange tant : une Démocratie, un État de Droit, une République laïque, des citoyens libres, ouverts sur le monde mais fermes sur nos valeurs et nos convictions.

Ce mercredi 21 octobre 2020, comme la Nation toute entière, les élus et les agents de Cœur d’Essonne Agglomération rendent hommage à Monsieur Samuel Paty qui, pour avoir enseigné les valeurs de la République, a été assassiné par ses ennemis.

Je vous demande d’observer une minute de silence en mémoire de Monsieur Samuel Paty.

Vive la République.

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